549 €. C'est le prix qu'il faut poser sur la table pour la Forerunner 965. Un ticket d'entrée qui peut faire hésiter, surtout quand on sait que la Forerunner 265 fait déjà un excellent travail pour 200 € de moins. Alors, est-ce que la 965 vaut vraiment le coup pour un triathlète ? Après 3 mois d'utilisation intensive (natation en bassin, sorties vélo longues, fractionné sur piste et deux courses), je vous donne mon avis.

Premier contact : l'effet AMOLED

On va pas se mentir : la première fois qu'on allume la 965, c'est l'écran qui claque. Un AMOLED de 1,4 pouces en 454 x 454 pixels, avec des couleurs qui pètent et des noirs absolus. Venant d'une Fenix 6 avec son écran MIP, c'est le jour et la nuit. Les datas d'entraînement sont lisibles instantanément, les cartes sont nettes, et l'interface globale est juste agréable à utiliser.

Mais, et c'est important, en plein soleil, l'AMOLED a ses limites. Quand l'écran est en mode veille (always-on atténué), il faut parfois lever le poignet pour réactiver la luminosité. En course à pied, ça passe. À vélo, avec la montre sur le guidon, c'est parfois frustrant. Si vous roulez souvent au soleil, gardez ça en tête.

Côté design, la lunette en titane apporte un vrai saut qualitatif par rapport aux anciens plastiques des Forerunner. 53 grammes sur la balance, c'est léger pour ce que la montre embarque. Je l'ai portée 24h/24 pendant 3 mois sans aucune gêne, y compris pour dormir.

Garmin Forerunner 965 au poignet pendant un entraînement
L'écran AMOLED fait toute la différence au quotidien. Les données sont lisibles d'un coup d'œil.

Course à pied : là où elle excelle

C'est clairement le terrain de jeu naturel de la 965. Le GPS multi-bandes double fréquence est d'une précision redoutable. J'ai comparé les traces avec un Stryd et un Coros Pace 3 sur une vingtaine de sorties : la 965 est systématiquement dans le top en termes de précision, y compris en milieu urbain ou sous couvert forestier.

Les running dynamics au poignet sont une vraie avancée. Cadence, oscillation verticale, temps de contact au sol... tout est dispo sans le HRM-Pro. Les données sont fiables et corrélées avec ce que je mesurais avec la ceinture. Pas au milligramme près, mais largement suffisant pour suivre sa progression.

Le PacePro est devenu mon outil préféré en course. Sur mon dernier 10 km, j'ai rentré mon objectif de 35 minutes, le profil du parcours, et la montre m'a découpé chaque kilomètre avec les allures cibles en temps réel. Le résultat : négatif split parfait, avec une gestion de l'effort bien plus maîtrisée que quand je gère au feeling.

L'acclimatation chaleur et altitude (via le widget dédié) est un vrai plus pour ceux qui préparent un IRONMAN en conditions chaudes. Couplée au capteur CORE, la donnée de température interne estimée devient pertinente pour ajuster son pacing le jour J.

Vélo : solide mais pas parfaite

Sur le vélo, la 965 fait le job et bien plus. Compatibilité ANT+ et Bluetooth avec tous les capteurs : puissance (mes Assioma Duo), fréquence cardiaque, vitesse, cadence. Le couplage est immédiat et n'a jamais décroché en 3 mois.

Les écrans de données sont très personnalisables : j'affiche puissance instantanée, puissance lissée 3s, FC, cadence, et la durée sur un écran 6 champs. C'est clair et net. La connexion avec les dérailleurs Di2/AXS fonctionne nativement, ce qui est cool pour les geeks du plateau.

Le gros bémol : ce n'est pas un compteur vélo. L'écran au poignet reste petit pour consulter en roulant, et le mode always-on en plein soleil est limité comme je le disais. Pour les sorties longues, je continue de la coupler avec un compteur Edge au guidon. Mais pour les entraînements courts ou le home trainer, elle se suffit à elle-même.

Bonus appréciable : la compatibilité avec le radar Varia. L'alerte de véhicules qui arrivent par derrière s'affiche directement sur l'écran de la montre. Un vrai gain en sécurité.

Natation : la bonne surprise

C'est souvent le parent pauvre des montres triathlon, mais la 965 s'en sort très honorablement. La détection des mouvements en bassin est fiable à 95%+ sur mes sessions de 3000-4000m. Elle reconnaît les quatre nages et le comptage des longueurs est quasi parfait sur du 25m et du 50m.

Le cardio optique au poignet sous l'eau reste aléatoire, comme sur toutes les montres du marché. Pour la natation, le HRM-Pro ou le HRM-Swim reste indispensable si vous voulez des données cardio fiables. La montre les capte en Bluetooth/ANT+ sans problème.

Le score SWOLF et les temps de repos automatiques sont bien calibrés. Seul reproche : l'écran tactile est automatiquement désactivé sous l'eau (logique), ce qui oblige à naviguer avec les boutons. C'est un peu moins intuitif mais ça évite les faux contacts.

Mode triathlon et transitions

Le nerf de la guerre pour nous. Le mode multisport est impeccable. Un appui long sur le bouton LAP pour passer de la natation au vélo, puis du vélo à la course. Les transitions sont comptabilisées séparément, les données de chaque segment sont propres.

Sur mon dernier triathlon format S (750m/20km/5km), tout s'est enchaîné sans accroc. Les données GPS ont repris quasi instantanément après la sortie de l'eau. Le fix GPS après la natation prend 2-3 secondes max, ce qui est excellent.

Autonomie : le sujet qui fâche (un peu)

C'est LE compromis de l'AMOLED. Garmin annonce 23 jours en mode montre connectée et 31 heures en GPS. En pratique, avec mon utilisation (GPS 5-6h/semaine, always-on désactivé en mode montre, activé en sport, notifications), je recharge tous les 8-9 jours. C'est correct, mais si vous venez d'une Fenix 7 Solar, vous allez sentir la différence.

En GPS double fréquence, on descend à 19 heures. Suffisant pour un 70.3 large, mais juste pour un IRONMAN. Pour un full distance, je recommande le mode GPS classique seul (31h) qui reste précis et laisse une marge confortable.

Cartographie : le vrai plus par rapport à la 265

La cartographie couleur routable, c'est ce qui justifie à mes yeux la différence de prix avec la Forerunner 265. Les cartes TopoActive sont préchargées, le guidage virage par virage fonctionne bien, et la création d'itinéraires en boucle depuis la montre est bluffante.

Concrètement, je m'en sers pour mes sorties trail et mes reconnaissances de parcours. C'est aussi très pratique quand on voyage et qu'on veut explorer une nouvelle zone sans planifier à l'avance sur Garmin Connect.

Fiche technique

ÉcranAMOLED 1,4" / 454 x 454 px / tactile
LunetteTitane
Poids53 g
Étanchéité5 ATM (50 m)
GPSMulti-GNSS double fréquence + SatIQ
CapteursCardio optique, SpO2, altimètre baro, boussole, thermomètre
Mémoire32 Go
MusiqueSpotify, Deezer, Amazon Music (hors ligne)
CartographieTopoActive couleur, routable
Autonomie GPS31h (GNSS) / 19h (double fréquence)
Autonomie montreJusqu'à 23 jours
Prix public549 €

Les notes par critère

GPS / Précision
9.5
Écran
9.2
Course à pied
9.6
Vélo
8.2
Natation
8.4
Autonomie
7.8
Fonctionnalités
9.6
Rapport qualité-prix
8.8

Verdict

Forces

  • Écran AMOLED sublime, le meilleur de sa catégorie
  • GPS double fréquence d'une précision chirurgicale
  • Running dynamics au poignet (sans ceinture)
  • Mode triathlon/multisport irréprochable
  • Cartographie couleur routable intégrée
  • PacePro, ClimbPro, Training Readiness
  • 53 g, légère pour ce niveau de fonctionnalités
  • Musique hors ligne (Spotify, Deezer)

Faiblesses

  • AMOLED moins lisible en plein soleil (mode veille)
  • Autonomie en retrait vs Fenix 7 / Enduro
  • Écran bombé exposé aux rayures (protection conseillée)
  • Pas de Quick Fit pour changer le bracelet
  • Cardio optique sous l'eau toujours aléatoire
  • 549 €, budget conséquent

Pour qui ?

La Forerunner 965 est LA montre pour le triathlète qui veut tout sans porter une Fenix au poignet. Si vous faites du triathlon, que vous voulez des données précises sur les 3 disciplines, de la cartographie pour le trail, de la musique pour le home trainer, et que l'autonomie de 8-9 jours vous convient, c'est elle.

Si vous faites uniquement de la course à pied et que la carto ne vous intéresse pas, la Forerunner 265 à 399 € est un meilleur rapport qualité-prix. Et si l'autonomie est votre priorité absolue (ultra, IRONMAN, bikepacking), regardez plutôt du côté de la Fenix 7 ou de la Enduro 2.

Mais pour le triathlète "standard" qui fait du sprint au 70.3, la 965 coche toutes les cases. C'est devenu ma montre principale, et je n'ai aucune envie de revenir en arrière.

— Brice

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